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Présentation
Située à cinq kilomètres de Tunis, la ville de Ben Arous est limitée à l'EST par la Municipalité Boumhel, au nord les communes de Radès et de Mégrine, à l'ouest par le Gouvernorat de Tunis et au SUD par la Commune d'El Mourouj. Sa superficie est évaluée à 1400 hectares environ. La Municipalité de Ben Arous couvre deux délégations : celle de Ben Arous ville créée le 26 Octobre 1981 et celle de la Nouvelle Médina créée le 1ér Avril 1991. Le territoire municipal est subdivisé en quatre arrondissements :
- Arrondissement de Ben-Arous est
- Arrondissement de Ben-Arous ouest
- Arrondissement de la Nouvelle Médina
- Arrondissement de Sidi Mosbah
Histoire
Jusqu'au début des années cinquante, la ville de Ben Arous, n'était qu'un petit village dont la population ne dépassait pas un millier d'habitants en majorité de nationalité Française, habitant la zone supérieure du village, connue alors sous le nom de Foch-ville. Le reste des habitants , de Nationalité Tunisienne, Italienne, Maltaise et Espagnole, prenaient leur habitation dans la zone inférieure du village et qui avait pour nom Ben Arous au nom de l'Imam Ahmed Ben Arous. HISTOIRE DE FOCHVILLE – BEN AROUS
D’après les bilans annuels de la Société des Fermes Françaises de la Tunisie – (Société Jules Saurin et Cie de 1898 à 1904 et S.A. de 1905 à 1918)
En 1905, la Société des Fermes françaises de Tunisie achète un domaine de 387 hectares dont 50 en vignobles. L’exploitation du domaine est confiée à un métayer et les récoltes promettent un excellent rendement. D’autre part, elle a déjà effectué le lotissement de la partie du domaine qui avoisine la station de chemin de fer (Fochville ?) Les ventes ont porté sur 1900 mètres vendus au prix moyen de 1,45 F. La Société est en pourparlers pour plusieurs ventes dont la réalisation n’est pas encore terminée. Pour cela, il nous faut amener à Ben Arous l’eau de Zaghouan. Il nous suffirait de faire établir à nos frais une conduite de 1800 mètres mais veto de l’administration des travaux publics.
Ben Arous appartient à la banlieue immédiate de Tunis et ce serait faire œuvre antisociale, anti-hygiénique que de vouloir enfermer les habitants d’une grande ville dans un périmètre trop étroit. Ce n’est pas au moment où la création de tramways électriques va permettre aux habitants des grandes villes d’habiter des maisons mieux aérées et plus saines qu’on peut entraver ce mouvement par des mesures injustes et arbitraires . Nous devons aussi assurer des moyens de communication faciles avec Tunis. Depuis le 1er avril nous avons établi un service de voitures publiques qui fonctionne déjà régulièrement quatre fois par jour entre Tunis et Ben Arous et nous avons fait plusieurs démarches auprès de la Compagnie des chemins de fer Bône – Guelma pour obtenir la création de billets aller-retour, la construction d’un abri à la station et la prolongation du train ouvrier (depuis Djebel-Djelloud ?)
Nous suivons avec un grand intérêt les démarches faites par les habitants de Radès et d’Hammam-lif pour obtenir la création d’un tramways électrique reliant ces deux villes à Tunis. Le jour où cette ligne existera, il nous sera facile d’obtenir un embranchement de 2 kms qui desservirait les centres de Sidi-Fathallah et de Ben Arous.
Nous avons également fait des démarches auprès de la Résidence Générale pour obtenir la création d’une école et d’un bureau de poste. Il y a déjà plus de 20 enfants en âge de fréquenter l’école.
Nous ferons tout ce qui dépendra de nous pour créer à Ben Arous un véritable centre pourvu de tous les organes indispensables ; ainsi il nous sera facile de vendre au prix moyen de 50 centimes le m2 les 100 hectares qui entourent le village.
1906 Nous avons le plaisir de vous annoncer qu’une solution pour l’alimentation de ce centre (Ben Arous) en eau potable est sur le point d’intervenir. Nous avons obtenu l’autorisation de faire nous-mêmes une conduite de Mégrine à Ben Arous pour amener sur nos terrains les eaux du Zaghouan (ce sont les eaux qui alimentent Tunis), etc…
Nous construisons en ce moment une église et nous réclamons avec insistance l’école et le bureau de poste. Il y a déjà sur ce centre 14 enfants en âge de fréquenter l’école.
Ainsi se forme notre village qui deviendra un centre suburbain important. Votre directeur a étudié les lois qui président au développement des banlieues à Paris et à Marseille. La population de ces banlieues est égale au moins au 1/6ème de la population urbaine. Il en sera de même pour la banlieue de Tunis dans un délai assez rapide. Ben Arous recevra sa part dans cette accroissement de la population. Nous pouvons espérer vendre en 10 ans 2 ou 300 lots de 1000 m2. Notre prix de revient étant de 5 à 6 centimes le mètre, il y a là une grande marge pour les bénéfices. En 1907 les ateliers de la Cie des CF Bône-Guelma vont être transférés dans la plaine qui s’étend entre la route de Sousse et celle du Mornag tout le long de la voie ferrée du Kef.
L’Etat Tunisien a acheté tout le long de la voie un terrain de 40 ha dont 9 ha 60 faisaient partie de votre domaine.
Ces ateliers auront à entretenir et à réparer les 220 locomotives et les 3000 wagons devant circuler sur un réseau de 1500 km un trafic intensif de phosphate et minerais divers. Ils occuperont 7 à 800 ouvriers.
De plus, deux puissantes sociétés de constructions métalliques s’installent à côté des ateliers de CF, l’une s’installera à la limite de votre domaine sur 15 ha, l’autre termine en ce moment l’installation de ses ateliers à 600 m de Ben Arous. Ces deux sociétés occuperont en tout de 5 à 600 ouvriers.
Le 15 Mai prochain la canalisation de Mégrine à Ben Arous sera établie. Un nouveau plan de lotissements a été effectué. Une série d’avenues unissant notre village à toute la plaine en fera le centre de la région. Nous avons augmenté le prix de vente des terrains mais nous continuons à céder dans la périphérie des lots à 0,50 F le mètre afin d’obtenir au plus tôt la construction des premières 30 à 40 maisons. La vente de terrains à lotir ont porté sur 99610 m et fourni un bénéfice de 42714 Fr. Nous espérons que l’organisation de la laiterie créée à Ben Arous en octobre dernier, exploitée en métayage par un laitier qui vend chaque jour 350 l de lait à Tunis, nous permettra de retirer des capitaux un intérêt annuel de 5 %, en dehors des bénéfices au nom de la vente des terrains. En 1908, la conduite est établie, 8 maisons ont été bâties. De nouvelles constructions sont en cours. La plupart des acquéreurs se sont engagés à bâtir dans un délai de 2 ans.21600 m ont été vendus pou un bénéfice de 25719 Fr.
La Société des Constructions Métalliques Tunisiennes a terminé l’installation de ses ateliers. Le déplacement des ateliers du Bône-Guelma ne s’est pas encore effectué mais nous croyons savoir que les plans de construction sont achevés et que les travaux commenceront dans quelques mois.
Ben Arous a vendu en 1908 pour 38000 F de lait à Tunis. La vente pourra doubler lorsque nous aurons développé la culture intensive des fourrages. Enfin nous avons introduit diverses races laitières de France et de Sardaigne plus précoces que notre race bovine tunisienne et plus aptes à transformer économiquement les fourrages en lait ou en viande.
En 1909, les ventes ont été peu nombreuses à Ben Arous, à cause du retard apporté par l’Etat dans la construction des ateliers de C.F. Les crédits disponibles pour la construction de nos voies ferrées ont été dépassés et l’Etat tunisien n’a pas encore les ressources nécessaires pour l’établissement des ateliers.
En 1910, à Ben Arous la reprise du mouvement des ventes des terrains suburbains aura lieu très probablement dès qu’on aura commencé la construction des ateliers de C.F.
Un emprunt de 90 millions de francs voté déjà par la conférence consultative est soumis à l’approbation du gouvernement français.
L’école publique a été ouverte en octobre.
En mars 1913, les nivellements des terrains des ateliers des CF ont été terminés en mars. L’adjudication d’un premier lot de constructions a eu lieu le 1er Avril. Les bâtiments vont donc s’élever prochainement.
On étudie en ce moment la concession du tramway de Tunis à Fondouk Choucha qui longerait votre domaine sur une longueur de 1800 mètres. Les espérances que nous avons fondées se réaliseront sûrement quand les ateliers seront ouverts et donneront du travail à un millier d’ouvriers. Cette immense étendue de 380 hectares fournira sûrement des bénéfices importants durant de nombreuses années. Il y a là, pour votre avenir, des réserves latentes considérables puisque le prix de revient total atteint à peine 1200 francs à l’hectare.
Le centre suburbain de Ben Arous renferme déjà une trentaine de maisons.
En 1914, tous les bâtiments des futurs ateliers sont en pleine construction. Le tramway de Djebel-Djeloud , récemment concédé, s’arrêtera à 1500 m de nos terrains et sera vraisemblablement prolongé aussitôt que les ateliers seront en pleine activité. La construction des ateliers continue, 3 grands bâtiments sont terminés et seront bientôt occupés par les ouvriers. Nous étions sur le point de vendre 140 000 m de terrain où devait s’élever une centaine de maisons lorsque la guerre est venue arrêter tous nos pourparlers.
En 1915, les ventes sont arrêtées.
En 1916, en immobilier, il est signalé à Ben Arous que la société dispose de 375 hectares qui apporteront ensuite tous les ans des revenus intéressants. De nouvelles affaires sont étudiées.
En 1917 en immobilier, en terrain urbain et suburbain, nous constatons une stagnation. Cependant, il nous est agréable de vous signaler l’ouverture de la ligne de tramways de Tunis à Djebel Djelloud, centre en création situé à 1500 m de votre domaine de Ben Arous.
Cette ligne sera prolongée jusqu’au village. Le transfert des ateliers de chemin de fer a été différé à cause de la guerre. Les vastes bâtiments déjà construits ont été transformés en hôpital militaire pour nos alliés serbes.
Nous continuons à classer méthodiquement les offres de ventes de terrains qui seront nombreuses après la fin des hostilités et nous ne voulons pas négliger cette branche de vos opérations (immobilières) qui vous avait donné des résultats si intéressants durant plusieurs années, etc……… L’expérience acquise nous permet d’espérer des résultats fructueux dans l’avenir..
En 1918 un reprise des affaires semble s’annoncer. Nous pensons que la vente des terrains de Ben Arous où les ateliers seront très prochainement transférés prendra une certaine importance avant un an ou deux.
En 1919 le domaine cultivé par la société est de 139 hectares de céréales, de 42 hectares d’avoine et 102 bovidés.
En immobilier, nous avons déjà vendu dans les débuts de l’exercice en cours 140 000 m à Ben Arous à l’association des habitations à bon marché de Fochville.
En 1920, il semble que le domaine agricole ait été vendu car il n’existe plus de statistique. D’autre part, 7700 m2 de terrain à bâtir ont été vendus.
En 1921, 7495 m2 ont été vendus à Ben Arous.
En 1922 il s’est vendu 6000 m2 de terrain à bâtir. L’activité nouvelle qui se manifeste dans la construction et qui est provoquée par l’augmentation continue de la population tunisoise nous permettra certainement de poursuivre dans d’excellentes conditions les ventes de nos terrains urbains et suburbains.
En 1923, 66 hectares et 72 ares ont été vendus. Nous vous signalons tout particulièrement la vente de 64 hectares au prix de 5000 F l’hectare. Cette surface est dans la partie la plus excentrique du domaine. Nous ne comptions la lotir que dans un avenir assez éloigné.
D’après Paul SEBAG : TUNIS Histoire d’une ville
(p. 460) …Il y eu un village indigène dénommé Ben Arous, auquel un quartier européen est venu se juxtaposer, et dont les constructions se sont multipliées pour accueillir une population de plus en plus nombreuse. Puis au lendemain de la guerre (1914-18) une société d’habitations à bon marché s’est formée au cours de l’année 1920, qui a fait l’acquisition d’un terrain sur la route du Mornag, à 5 km de Tunis. Le terrain allotin s’est couvert d’une centaine de constructions à laquelle fut donné le nom de Fochville en hommage au maréchal qui avait conduit les armées alliées à la victoire.
Au début des années trente, elle fait l’objet d’une description colorée : « Fochville sur la route du Mornag, près des ateliers de la Cie Fermière des Chemins de fer Tunisiens, est un centre peuplé presque exclusivement de cheminots. Avec ses toits rouges et ses jardins, il a l’aspect d’un village de France étagé sur la commune qui domine la plaine de Mégrine. »
Lors du dénombrement de 1936, la population européenne des deux centres s’élevait à plus de deux mille âmes, dont 1396 à Ben Arous et 617 à Fochville. Dotés l’un après l’autre des équipements collectifs indispensables, ils formeront une seule et même commune dans les dernières années du Protectorat en 1951 .
( p.518)…lors du recensement de 1956, on dénombre 1282 Italiens pour 7248 habitants . (p. 557) …On ne peut mesurer exactement la croissance de la population de la banlieue sud au cours des dernières années du protectorat, dès lors que les communes de Mégrine et Fochville n’ont été recensées distinctement qu’en 1956. Mais à en juger d’après les données dont nous disposons pour Hammam Lif, Radès et St Germain, on peut penser qu’elle a plus que triplé.
A noter : Hammam Lif : 22060 h contre 6700 en 1936
St Germain : 3926 h 919
Rades : 13184 h 4500
