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Présentation

La ville de Bizerte est située au Nord de la Tunisie, sur la rive Sud de la mer Méditerranée, ce qui a rendu sa situation extrêmement stratégique et lui a permis d'être un chef lieu du gouvernorat de Bizerte et un centre économique important. Le gouvernorat de Bizerte est un gouvernorat très complexe par ses richesses naturelles importantes et ses diverses ressources (agriculture, pêche et industrie).

Les lacs de Bizerte, Ichkeul et Ghar El Melh constituent les plus grandes spécificités naturelles du gouvernorat, en plus de l'île de Jalta, riche par la beauté de ses paysages et ses réserves de poissons, le Cap Blanc, le point le plus au Nord de l'Afrique et le fleuve de Mejerda qui arrose par ses eaux, coulant toute l'année, de très vastes terrains agricoles. Les importantes spécificités de la ville de Bizerte sont le vieux port antique et le pont mobile qui assure la circulation entre les deux rives du Canal de Bizerte.

Histoire

Initialement petit comptoir phénicien, dont l'origine remonte au premier millénaire avant J.C., Bizerte a porté, d'après les auteurs grecs et latins de l'Antiquité, plusieurs noms dont les plus connus sont Hippo, Hippo Acra, Hippo Diaritus et Hippo Zaritus. Son nom arabe : Banzart, dérive d'une déformation phonétique de son nom antique. Après la défaite d'Aghatocle pendant les guerres puniques,Hippo rentre définitivement dans l'orbite de Carthage et participe à ses côtés à toutes les épreuves qui marquent le pays. Ensuite, la conquête romaine efface d'un trait neuf siècles d'histoire punique. Démantelée, Hippo voit son territoire passer à Utique qui a pris le parti de Rome. Et il faudra longtemps pour qu'une nouvelle ville romaine s'érige à la place du site punique d'Hippo.

La conquête arabe ouvre une nouvelle page dans l'histoire de la ville. Comme ailleurs, l'espace urbain et les conceptions architecturales subissent à leur tour une mutation profonde : à la formation urbaine latino-byzantine marquée par ses conceptions géométriques, succède une structure urbaine islamique dont les traits les plus caractéristiques sont le tracé des rues et le style spécifique des maisons.

A partir de 1050, le déferlement des tribus hilaliennes provoque l'effondrement de l'Etat ziride et le pays éclate en une multitude de petites principautés indépendantes. Bizerte n'échappe pas à la tentation séparatiste. La restauration de l'autorité Almohade annonce une nouvelle rupture : quelques vingt ans plus tard, l'Ifrikya accède au statut d'une province autonome et voit émerger la dynastie Hafside. De 1535 à 1573, Bizerte se transforme en une enclave espagnole tenue par une garnison de quelques centaines d'hommes. Mais les Turcs ne tardent pas à réapparaître dans l'histoire du pays. La défaite infligée par Sinan Pacha aux forces espagnoles en 1574 marque la fin du duel hispano-turc en Tunisie et la disparition de la dynastie hafside.

Grâce aux avantages naturels de son site et à sa position côtière remarquable,la ville fut, pendant des siècles, un lieu de rencontre de différentes civilisations qui ont laissé de nombreux monuments militaires et urbaines dans la ville. La bataille de l’évacuation

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’évolution de la Tunisie vers l’autonomie se précise. La montée en puissance du Mouvement National accule le Protectorat à faire des concessions. Le 3 juin 1955, l’autonomie interne de la Tunisie est solennellement reconnue.

Le 20 mars 1956, le pays accède à l’indépendance. Cependant, l’abolition du Protectorat français ne met pas fin à la présence militaire française à Bizerte. La France reconnaît, certes, la souveraineté tunisienne sur la ville, mais refuse de négocier le statut de la base aéronavale. Dès lors, la question de l’évacuation va devenir une exigence impérieuse du nationalisme tunisien. L’arrivée du général de Gaulle au pouvoir en mai 1958 permet d’entrevoir une solution négociée au problème. Après le retrait des troupes françaises des autres points du territoire tunisien, on accepte, en 1960, de remettre aux autorités tunisiennes les casernes situées au centre de Bizerte. Mais l’hypothèque qui pèse sur la base militaire n’est pas levée pour autant. Tant s’en faut, en dépit des multiples démarches diplomatiques, la France rechigne à partir d’un point fort aussi stratégique, tant que la guerre d’Algérie n’est pas finie. A la fin du mois de mai 1961, elle entreprend, sans consentement préalable des autorités tunisiennes, des travaux d’agrandissement et de renforcement de la piste d’envol de l’aéroport militaire. Cet acte est considéré comme un casus belli: l’ampleur des travaux entrepris exclut, aux yeux des Tunisiens, toute idée de départ. La crise rebondit à nouveau et l’engrenage d’une épreuve de force se met rapidement en place. Le blocage de la situation débouche sur un conflit armé qui met aux prises les forces armées tunisiennes, les volontaires civils, les jeunesses destouriennes et les forces aéronavales françaises de la base renforcées par les troupes aéroportées de la légion étrangère. La bataille embrase les villes de Bizerte et de Menzel Bourguiba du 19 au 22 juillet 1961. Le bilan de la guerre, du côté tunisien, est de 670 morts et 1100 blessés.

Le 15 janvier 1962, les négociations tuniso-françaises sur le sort de Bizerte s’amorcent à Paris. Elles aboutissent, après quelques mois, à la reconnaissance de la souveraineté de la Tunisie sur l’intégralité de son territoire. Le 15 octobre 1963, toutes les forces françaises quittent la base de Bizerte.


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