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Tunis

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Tunis, capitale de la Tunisie, est située au fond du golfe de Tunis. Ouvert sur le bassin oriental de la Méditerranée, le site initial est constitué par un isthme étroit entre la sebkha Essijoumi( marais salants) au sud-ouest et El-bouheïra à l'est. A Tunis, le climat est doux et ensorcelant, été comme hiver. Les températures moyennes sont de 11° C en hiver et de 26° C en été. Tunis subit l'influence méditerranéenne mais aussi continentale qui apparaît dès qu'on s'éloigne de la côte. La ville de Tunis compte près de 900.000 habitants.

Histoire

Tunis, naguère petite bourgade berbère, (oppidum tunicense), étalée à flanc de coteau sur la colline descendant en douceur jusqu'aux rives du lac (la Bhira), est de ces sites privilégiés que la géographie favorisa et que l'histoire a élu. Rien au départ ne la prédestinait à devenir la capitale de l'Ifriqiya, l'ancienne Africa. Voisine de la puissante Carthage punique puis romaine, elle faisait rarement parler d'elle durant toute l'antiquité, sauf lorsque ses habitants, pour la plupart d'origine berbère, se soulevaient contre leurs colonisateurs puniques ou romains. Ville séditieuse par excellence, elle le demeure après la conquête arabe, quant elle se transforma à partir du début du VIIIè siècle en une place forte, lieu de rassemblement des troupes musulmanes et point de départ des conquérants pour les grandes îles méditerranéennes.

Reléguée à l'arrière-pays de Carthage entre le lac et la lagune (sebkha), elle contrôla durant toute l'antiquité la voie terrestre de passage reliant la capitale au reste du pays; l'autre voie lacustre passant par Radès permettait, elle aussi, de communiquer avec Carthage mais par radeau.

Cependant, cette position retranchée qui ne fut guère à son avantage durant l'antiquité, lui donna après la conquête arabe, une position défensive et stratégique de premier ordre. Tunis hérita en fait, des avantages de Carthage sans avoir les inconvénients de sa position : ni trop éloignée de la mer ni trop exposée à ses dangers.

Elle en hérita l'environnement géographique et économique favorable: richesses agricoles, activités industrielles, voies de communication et une certaine vocation maritime que consolida Hassan Ibn Noâman, le fameux chef arabe qui détruisit la Carthage byzantine et anéantit la résistance berbère cristallisée par la Kahéna. II fit construire vers 704 J.C., sur le terrain vague séparant la cité du lac, un arsenal pour lequel il fit venir d'Egypte mille coptes spécialisés dans la fabrication des navires. En même temps, une mosquée, la Zitouna, prit place dans le centre à l'intérieur d'une vieille basilique chrétienne ou sur ses décombres. Les deux : arsenal et mosquée vont sceller le sort de la médina de Tunis et consacrer pour de longs siècles, sa double vocation maritime et religieuse. Elle n'en demeurait pas moins une ville d'importance secondaire, comparée à Kairouan, la capitale des Aghlabides (IXè siècle), ou à Mahdia fondée par les Fatimides puis occupée, après leur départ pour l'Egypte (970 j.C.), par les Berbères Zirides.

Vers le milieu du XIIè siècle Tunis ait pu s'ériger d'abord en chef-lieu d'une principauté locale, celle des Bani Khorassan puis en capitale de la province Ifriqiyenne du califat almohade de Marrakech (1160-1229 J.C.), et enfin, capitale de la dynastie des Bani Hafs (Hafsides) de 1229 à 1574 J.C. . Avec la Sicile dont elle n'est séparée que par un couloir large de 140 km, elle contrôlait le passage entre les deux rives occidentale et orientale de la Méditerranée, avantage considérable du point de vue du commerce international.

Tunis passait sous les Hafsides pour une grande ville (au XVè siècle, sa population est d'environ 100.000 habitants), agréable, assez bien défendue par des remparts et une citadelle, la kasbah, où résidait le sultan quand il ne se trouvait pas dans l'un de ses parcs extérieurs de Ras tabia ou d'Ahou Fihr.

Capitale politique et économique du grand royaume des Hafsides (l'Ifriqiya, en plus de la Tunisie actuelle, groupait les provinces de Tripoli à l'est, de Bougie et de Constantine à l'Ouest),Tunis était également un grand foyer religieux et culturel. Cinq nouvelles grandes mosquées à Khotba vinrent s'ajouter à la Zitouna dès le XIIIè siècle (mosquée de la Kasbah à l'Ouest, mosquée Abi-Mohammad au Nord, mosquée Bab Al-Jazira barrani au Sud, mosquée Taoufik au Sud-Ouest, mosquée Bab al-Bahr ). Des médersas (collèges, à la fois pour le logement et l'enseignement des étudiants) dont la première d'Afrique du Nord est la Chammaiya construite par le fondateur de la dynastie Hafside en même temps que la mosquée de la Kasbah (vers 1230 J.C.), des zaouïas (mausolées, lieux de sépulture de saints personnages et de dévotion populaire), des kouttabs (écoles coraniques), des fontaines publiques, des hammams et d'autres fondations pieuses ou d'intérêt public témoignent de l'essor considérable de la civilisation ainsi que du renouvellement constant du style architectural. Le courant occidental intense au XIIIè siècle grâce à l'arrivée massive des Andalous chassés d'Espagne, fut fortement concurrencé, à partir du XVè siècle, par l'apport égyptien. De nos jours encore, on peut admirer les monuments typiquement almohades ou andalous comme le minaret et la coupole de la mosquée de la Kasbah ( XIIIè siècle), la zaouïa de Sidi Quasim al-Jalizi (xve siècle) ou de nette influence orientale comme la midha du sultan (salle d'ablutions) (XVè siècle) ou de style syncrétique tel que la médersa Chammaiya (XIIIè siècle) ou Montasirya ( XVè siècle) ou la mosquée d'Al-Hawa (XIIIè siècle) construite sur instructions de Atf, épouse d'Abou Zakariya, fondateur de la dynastie hafside.

En 1710, alors que la dynastie des Beys Husseinites avait déjà succédé à celle des Beys Mouradites, une femme illustre pour laquelle les Tunisiens ont conservé jusqu'à nos jours, une grande estime, la princesse Aziza Othmana, s'éteigna. Elle fut enterrée dans son mausolée situé derrière celui de sidi Ben Arous proche du souk al Blaghjia. Arrière-petite fille du Dey Othmane, elle laissa derrière elle une multitude d'institutions caritatives pour lesquelles elle consacra son immense fortune. Contre quoi elle formula le vœu...qu'une gerbe de fleurs soit déposée sur sa tombe tous les vendredis jour de la prière obligatoire.

Municipalités

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Références

www.commune-tunis.gov.tn